La Conviviale écologiste et fraternelle
écologiste et fraternelle

intervention de Nathalie Frascaria

Nathalie Frascaria-Lacoste est professeure d’écologie scientifique au laboratoire ESE de l’Université Paris-Saclay à Orsay

Intervention lors de la fête de la Conviviale le 25 janvier 2020.

L’écologie est la science des relations des organismes vivants avec le monde environnant, c’est-à-dire dans un sens large la science des conditions d’existence. Cette définition a été posée par Haeckel en 1886. L’écologie est une science jeune qui permet de mieux comprendre ce qu’est le monde vivant, la nature ou la biodiversité et ses interrelations. Elle nous indique que nous sommes tous, monde vivant humain et monde vivant non humains inter reliés dans le grand maillage de la vie et combien l’absence d’une espèce peut déséquilibrer l’ensemble avec, possiblement, des effets en cascade. L’écologie nous montre aussi que le monde vivant est dynamique, soumis à une évolution naturelle absolument non intentionnelle. Elle souligne combien ce monde vivant non humain n’est aucunement un arrière-plan statique déplaçable à façon tels que beaucoup le perçoivent aujourd’hui notamment dans les politiques d’aménagements par exemple. L’écologie étudie ce monde vivant fait de proliférations, de contingences et de hasard et nous invite à le regarder autrement comme une sorte de guide. Les annonces quotidiennes maintenant de l’effondrement de la biodiversité par les scientifiques écologues qui en font les mesures, sont indicatrices de la fausse route que nous empruntons dans notre vision du monde. Tim Morton, philosophe américain, écrit dans son livre «la pensée écologique » (2019), « nous sommes dans le pétrin, mais tout n’est pas foutu. Le pétrin, c’est le signe de l’émergence d’une démocratie des formes du vivant ». Suivons cette route. L’écologie politique a eu tendance, au fil du temps, à remettre en cause le caractère politique de la nature. L’écologie scientifique lui montre une nouvelle voie dont elle doit se saisir à nouveau. Pour cela, il nous faut réarticuler profondément les rapports de la nature avec la société. Nos sociétés. Une sorte de réconciliation de l’esprit du maillage. Cela signifie que nous devons réinventer un mode coopératif entre tous les éléments de ce maillage, accepter dans nos orientations l’inattendu, l’imprévisible, réintroduire l’hésitation, l’incertitude, les différents points de vue, l’improvisation, passer vers un nouveau mode d’être et non d’avoir. Tout cela pour arriver, in fine, à la construction d’une société écologique véritable et sincère. La marche est haute mais pas impossible. Le tout est de le faire ensemble et en confiance.